Sorry, French only

Slow Motion / A propos de Tony Paeleman2013-05-21

Il y a ceux qui aiment impressionner au premier abord ; et ceux qui, a contrario, aiment lentement s’imprégner des climats qu’on leur propose de vivre, pour ensuite proposer le leur avec d’autant plus de force.  

Ayant été le témoin tardif, mais réjoui, de ses années passées au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, j’étais déjà persuadé que Tony Paeleman appartenait à la seconde catégorie. Slow Motion en apporte une éclatante confirmation.

Comment en effet ne pas se laisser entraîner avec délices dans le mouvement qu’il nous propose ?

Tony se révèle ici comme un remarquable architecte sonore, proposant un raffinement d’écriture qui puise autant dans les joies de l’Histoire que dans les idées les plus créatives des temps actuels. Ainsi chaque pièce s’offre-t-elle comme un paysage complet, à la fois immédiatement accessible, et révélant au fil de l’écoute tout un ensemble de richesses inattendues.

Avec une jubilation d’équilibriste discret, il tord rythmes et harmonies sans jamais se départir d’une grande clarté mélodique, sait faire prolonger les climats entêtants, surprendre au moment exact, et faire remarquablement jouer ceux qu’il convie à la fête. On en oublierait presque ses remarquables qualités pianistiques, qui se rappellent si délicatement à l’attention, à l’instant même où l’on se redemande qui dirige ce qu’on entend d’une telle main de maître.

Si l’on rajoute à cela l’exceptionnelle musicalité de ses partenaires, qui ne surprendra aucun des connaisseurs de ce que Paris offre actuellement de meilleur, un remarquable traitement du son, et un swing à toute épreuve… on comprendra qu’on en redemande !

/ Mai 2013

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