Sorry, French only

Soul Role - A propos de Stéphane Guillaume2004-07-01

Adaptable – pour beaucoup, telle serait la qualité la plus marquante de Stéphane Guillaume.

Prenons-les au mot : comment en effet ne pas admirer son extraordinaire sens des instruments de musique, des genres musicaux et des contextes humains ? Impressionnant presque malgré lui, il livre toujours avec un naturel désarmant les fruits de sa formation précoce, brillante, complète, qui l’ont très tôt destiné à porter en lui les si rares qualités que requièrent le « métier » de musicien - déjà nombreux sont les orchestres qui ont bénéficié de ses services aussi exceptionnellement talentueux que généreux.

Il est donc légitimement admiré pour cela, Stéphane, non seulement connu pour savoir (vraiment) jouer d’un nombre incalculable d’instruments (généralement) à vent, mais aussi pour toujours aimer jouer de la musique, un peu comme il aime raconter des histoires, avec cette inimitable fraîcheur, mélange d’enthousiasme et de désir de partage permanents.

C’est bien que l’on sache déjà cela, car ce qui nous est proposé ici est tout autre. Flûtes, clarinettes, saxophones, sifflements, arrangements multiples et orchestres à géométries variables… les pluriels demeurent, certes, comme un trait de largeur incontournable de sa personnalité, mais cette fois-ci au service d’un propos clairement personnel, et magnifiquement construit et inspiré.

De cette énergie de marcheur infatigable au service des autres, dont je fus maintes fois le témoin réjoui à ses côtés, de cette immense culture musicale, dont il ne laisse souvent transparaître qu’un aspect purement anecdotique (en imitant « pour rire »…), il se sert pour rappeler aujourd’hui qu’il sait marcher en-tête, choisissant savamment ses partenaires, et recentrant ainsi ses plus belles impressions de voyage pour poursuivre la construction du sien, avec bonheur et pour le nôtre.

Adaptable, certes… mais surtout bel et bien épris de liberté, ce disque en est un manifeste évident, ce n’est pas là son moindre mérite.

PB - Juillet 2004